Moitié kangourou, moitié perroquet, c'est une souris

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

A propos du traitement médiatique du drame de Sierre

Ca se passe sur FB. Moustique, hebdo télé mais qui ne parle pas que de la télé, et même que c'est pour ça que je l'aime, auquel je suis abonnée et que j'ai toujours connu, publie un dossier sur le drame de Sierre. Je ne suis pas d'accord avec la démarche et je le dis. Une personne m'objecte que je fais peu de cas de la rédaction qui doit aussi exprimer ses émotions, en me citant d'autres organes de presse. Voilà ma réponse.

Et où ai-je dit que le Soir était mieux que Moustique sur la question ? Je te signale que je n'ai lu aucun article sur cet accident, ni regardé aucun reportage télévisé. Tout ce que j'en ai vu et lu, c'est par... accident, en écoutant la radio et en passant sur FB. C'est donc sur le principe que je m'insurge, et croire que c'est au Moustique que je m'attaque spécifiquement, c'est vraiment n'avoir rien compris à mon propos. Je ne lirai donc pas le dossier du Moustique tout comme je n'irai pas voir la couverture du Soir Mag, ni toutes les autres.

Je n'oublie pas qu'il y a une rédaction et des humains derrière ce dossier. Mais je n'oublie pas non plus qu'il a des familles qui ont peut-être envie qu'on leur foute la paix pendant leur deuil (on a eu un exemple avec cet homme qui a photographié les journalistes, qui n'ont pas tous apprécié, d'ailleurs, comme c'est étrange). En tout cas, pour avoir vécu plusieurs drames dans ma famille, je sais que ce serait mon cas.

Et je n'oublie pas non plus que s'il y a vingt-huit morts, sans compter les blessés et tout l'entourage dont la vie a basculé en quelques secondes, il y a à chaque instant dans le monde des drames qui touchent moins notre petit nombril et qui du coup ne méritent même pas un entrefilet dans quelque presse que ce soit. La disproportion me dérange, c'est tout. Et je mets tout le monde dans le même sac : presse écrite, radio, télévision, le gouvernement qui proclame une journée de deuil national, tous les gens qui n'ont cessé d'insister sur la mort des vingt-deux gamins en crachant littéralement sur les six adultes comme s'ils étaient portion congrue...

Les journalistes ont le droit d'exprimer leurs émotions et je dois juste garder les miennes pour moi, c'est en fait un peu le message que tu veux faire passer ? Et puis quoi encore ? J'ai mon avis et j'estime que j'ai tout autant le droit de l'exprimer que la presse, même si ce n'est pas mon gagne-pain.

Et depuis quand est-ce du mépris que de dire qu'on n'est pas d'accord avec quelque chose ? Si la rédaction a jugé utile la publication d'un tel dossier, et si elle l'a bien fait (d'après ce que tu dis), et si elle est contente de son travail, c'est parfait ! Mais est-ce que ça doit forcément plaire à tout le monde ? Est-ce qu'on doit tous pleurer en chœur en lisant la presse qui relate ce drame ? Moi je dis non.

Bon anniversaire ma petite Maman

Ma petite Maman (cette appellation t'agaçait et te touchait en même temps, tu te souviens ?), aujourd'hui tu aurais eu 60 ans. Ça fait drôle, non ? Je me demande à quoi tu aurais ressemblé aujourd'hui. Et je me demande aussi quelle aurait été notre relation.

Je nous imagine nous téléphoner, pas forcément longtemps, mais souvent, pour nous raconter les petites anecdotes de nos journées, comme nous le faisions souvent le soir en faisant la vaisselle. Je nous imagine rire aux larmes au détour d'un lapsus ou d'une pensée dite à haute voix sans faire exprès. Je nous imagine en train de faire des courses ensemble, pas spécialement fans de shopping, mais contentes de passer quelques heures ensemble à se rhabiller (c'est fou, je n'avais plus utilisé cette expression depuis une éternité, et elle est sortie de mes doigts tout naturellement en pensant à toi). Je nous imagine discuter des heures de nos dernières découvertes en matière de lecture. D'ailleurs, je m'imagine très bien te prêter plein de livres, histoire de te renvoyer l'ascenseur, à toi que j'ai toujours vue lire et qui m'a transmis ta passion (bon, pour le tricot, je te le dis tout de suite, c'est raté). Je nous imagine en train de parler de tes petits-enfants que tu n'as pas connus mais dont la naissance t'aurait comblée de joie. J'essaie d'imaginer (ça, c'est le plus dur) la relation que tu aurais eue avec mon amoureux. Je nous imagine soupirer profondément à l'heure de préparer le repas de famille, car faire à manger, ça n'a jamais été notre tasse de thé (je me demande d'ailleurs si, inconsciemment, je n'entretiens pas ce désamour de la cuisine en ta mémoire). Et puis, bien sûr, à chaque passage à l'heure d'été, je t'imagine t'exclamer "Il est sept heures et il fait encore clair", et, rien que pour ça, je n'ai pas envie qu'on abandonne le changement d'heure.

Je pourrais encore citer plein de situations où je nous imagine toutes les deux, parce qu'en fait, à chaque petit ou grand moment de ma vie, je me demande comment tu aurais réagi, ce que tu en aurais pensé, si tu aurais fait les mêmes choix que moi. Et, plus que tout, j'espère que tu es fière de la femme que je suis devenue, comme moi je suis fière de la femme et de la maman que tu as été, pendant trop peu d'années, évidemment, mais suffisamment pour me transmettre ces valeurs qui me portent chaque jour et me font profiter de chaque instant qui passe comme si c'était le dernier.

Je t'aime, ma petite Maman, et je te souhaite un merveilleux anniversaire, entourée de tous ceux qui, comme toi, sont partis trop tôt, et de tous ceux, qui, comme moi, continuent à te faire vivre dans leur cœur.

Dégel

Mauvais anniversaire

Aujourd'hui, j'ai pris la décision de ne pas souhaiter un bon anniversaire. Pourtant, Dieu sait que je suis une mordue des dates, que j'adore les anniversaires, le mien ou celui des autres, et que je suis la première à sauter sur l'occasion pour marquer le coup avec une petite attention. Mais là, la coupe est pleine. Je commence à en avoir marre des gens qui considèrent que l'amitié ne s'entretient pas et que, comme je m'investis de toute façon à fond dans mes relations, comme dans tout ce que je fais d'ailleurs, je finirai bien par faire le premier pas pour reprendre le contact. Eh bien non, c'est fini ça. Je ne suis pas qu'une oreille attentive et une épaule sur laquelle pleurer quand vous avez un gros chagrin. Je ne suis pas une marchandise à votre disposition que vous pouvez utiliser quand ça vous chante et que vous laissez ensuite de côté jusqu'à votre prochaine zin. Je suis aussi et avant tout une personne sensible, qui considère qu'une relation, ça ne doit jamais être à sens unique. Si votre vie est trop trépidante pour m'accorder un peu de temps, trop remplie pour me faire une petite place, grand bien vous fasse, mais alors, par pitié, oubliez-moi. Je préfère pas de relation du tout à une relation dégoulinante d'hypocrisie, où on me sort de temps en temps une grande déclaration d'amitié, en étant incapable de la prouver au jour le jour.

La vie est courte, les gens, terriblement courte. C'est pour ça que je ne veux pas perdre une seule journée, que je refuse de me dire un jour que j'aurais dû être plus présente pour telle ou telle personne. Et j'ai besoin qu'on soit présent pour moi. Chacun à sa façon, chacun à son rythme, du moment que la relation est équilibrée. C'est le contrat. Mon contrat. Personne ne vous oblige à le signer. Mais moi, en tout cas, j'en ai fini de perdre mon temps à me battre pour des amitiés forcément vouées à l'échec puisque ne reposant que sur des demi-fondations. La bonne nouvelle, c'est que je regagne du temps pour me consacrer à ceux qui comptent vraiment, et ils sont nombreux, chacun à leur manière.

Je ne souhaite donc pas un bon anniversaire aujourd'hui, mais ne pensez pas que vous n'êtes pas concernés parce que ce n'est pas le vôtre...

Hors contexte

<Machin> on est vendredi après-midi
<Yayef> Oh mais avant midi on était vendredi matin
<Yayef> (profond, ça)

Si je mets le contexte, c'est moins rigolo. Or, comme nous avons bien besoin de rigoler dans ce monde de brutes (je ne le pense pas vraiment mais ça fait bien de le dire, ça fait comme si j'avais l'esprit torturé par les atrocités de ce monde alors que même pas), je ne mets pas le contexte. Maintenant que j'y pense, il n'y a peut-être que moi que ça fait rire, mais c'est un bon début, non ?

Jamais sans mon beurre

Une chose m'étonnera toujours en France : le culte du beurre dans les sandwiches. Car, il faut le savoir, là-bas, les sandwiches contiennent du beurre par défaut. En fait, je ne sais même pas pourquoi je dis "par défaut", puisque quand on demande gentiment s'il est possible d'en avoir un sans beurre, on vous regarde avec un air effaré, limite "Mais elle est pas bien dans sa tête, la dame". Pourtant, avec mon petit cerveau de Belge, je me dis que si je me trouve dans une boulangerie où les sandwiches ont été faits à un moment donné, il devrait être possible de ressortir le couteau et le plateau de fromage ou de charcuterie et de faire le geste commercial de me faire un petit sandwich personnalisé, sans beurre, donc. Eh bien non. Pourtant, c'est plus facile d'ajouter quelque chose (mayonnaise ou beurre) dans un sandwich que d'en enlever, non ? Je n'ai peut-être pas eu beaucoup de chance lors de mes derniers séjours en France, car je n'ai jamais pu m'acheter un sandwich sans beurre. La toute dernière fois, la boulangère fut même tellement agréable avec moi (et pourtant j'avais bien dit les mots magiques) que je suis sortie de la boulangerie avec un délicieux sandwich au pain en disant : "Merci, au revoir, et pour la sympathie, je repasserai".

Aurait-on omis de me faire part de certains us et coutumes de ce pays exotique qu'est la France ? Commettrais-je un impair en faisant une telle demande ? Je m'interroge...

Tu peux compter sur moi

Ah, les amis...

Il y a ceux qui vous sortent un jour que leurs priorités ont changé et vous font comprendre à demi-mot que vous ne faites plus partie de ces priorités, et qui s'étonnent par la suite que vous ne soyez pas à leur disposition le jour où ils daignent à nouveau vous accorder un peu d'attention. Il y a ceux qui vous prétendent deux fois par an (les bonnes années, et uniquement quand c'est vous qui prenez des nouvelles, bien sûr) qu'ils vous adorent et qu'ils pensent toujours à vous malgré le fait qu'ils n'ont pas de temps à vous accorder, ce qui vous fait une belle jambe, il faut bien l'avouer. Il y a ceux qui sont très présents quand ils ont besoin de votre écoute attentive et de vos bons conseils quand ils galèrent mais qui, le jour où ils vont bien et où c'est vous qui avez besoin de soutien, disparaissent de la circulation. Il y a ceux qui ont une grande gueule et disent ce qu'ils pensent mais qui n'acceptent pas que vous fassiez la même chose. Il y a ceux qui sont toujours bien contents quand vous organisez des retrouvailles mais qui ne se bougent jamais pour faire de même. Il y a ceux qui s'éloignent pendant quelques années pour atteindre un objectif important, que vous soutenez corps et âme pendant cette période difficile, et qui, une fois l'objectif atteint, ne reviennent finalement pas.

Il est évident que ces amis-là n'en sont pas vraiment, mais il faut toujours un peu de temps pour s'en rendre compte, avoir mal, puis tenter de passer à autre chose, sans toutefois réussir à se défaire complètement d'un sentiment de trahison. A tous ceux-là, je dédie la chanson de Bénabar, Tu peux compter sur moi.

Mais vous, qui savez que l'amitié n'est pas un sentiment anodin et, qu'au même titre que l'amour, elle s'entretient jour après jour, merci d'être là.

Sans trucage

Sans trucage

Chut !

Voici une jolie perle entendue hier lors d'une fête rassemblant vingt-cinq personnes dont sept enfants. Alors que les petits trouvaient que les grands faisaient trop de bruit en parlant (ce que je ne leur reprocherai pas, étant moi-même sortie bien fatiguée de cette journée bruyante), les empêchant d'entendre leur dessin animé, le plus grand de mes neveux nous a dit que nous n'avions qu'à chuchuter. Ce mot n'existait pas, il l'a inventé, et il a fort bien fait je trouve : voilà un mot qui dit bien ce qu'il veut dire.

J'ai donc depuis hier un nouveau mot à mon vocabulaire.

Décompte macabre

Moi, si j'étais la grippe saisonnière, qui tue trois fois plus que la grippe A, je serais jalouse de tout le foin qu'on fait autour de ma cousine. Pourquoi est-elle la seule à avoir le droit à un décompte macabre à chaque décès ? Je pense que, si j'étais la grippe saisonnière, je rassemblerais toutes mes copines (par exemple le cancer, le sida, la voiture, la dépression, la crise cardiaque, le diabète et, tant qu'à faire, la vie aussi, dont personne ne sort jamais vivant) afin que nous militions pour avoir notre décompte aussi.

C'est vrai, quoi, pourquoi serait-elle la seule à avoir son heure de gloire ?

- page 1 de 39